Il est Titulaire d’un Master en droit de l’Université Catholique de Louvain, il a été entre 2010 et 2015, fonctionnaire d’État au Ministère du Développement Durable et des Infrastructures (Département des Transports, Département de l’Aménagement du Territoire).
Ancien musicien – batteur professionnel, formé au Conservatoire de Luxembourg et au Conservatoire Royal de Bruxelles. Il est lauréat du prix supérieur.
Membre actif de l’ADR depuis 2019, il est auteur de nombreuses propositions législatives que l’ADR a déposé à la Chambre des Députés, notamment la proposition de loi concernant les allocations parentales « Elterngeld », la légalisation de la prostitution, le bail à loyer, la résidence secondaire… etc.
Epris d’égalité, de justice et de paix, Il soutient politiquement l’ADR et défend la liberté, la tolérance et le dialogue interculturel.
Parfait multilingue, il parle couramment 5 langues, à savoir le luxembourgeois, le français, l’allemand, l’anglais, le polonais et l’albanais de manière communicative.
Approche diplomatique, esprit d’écoute et de tolérance, il est déterminé et toujours motivé à travailler vers des objectifs fixés.
Pour lui, la souveraineté, la liberté et la tolérance résument mieux la vision d’un monde épanoui et prospère. Il est candidat aux élections législatives du 08 octobre prochain au Luxembourg.
Il s’appelle David Gawlik.
Lexpress24.net :
Bonjour M. David Gawlik
David Gawlik : Bonjour Lexpress24.net
Merci d’être avec nous, Pourquoi êtes-vous candidat aux élections législatives au Luxembourg ?
Merci de m’avoir invité pour cette interview. C’est un honneur énorme de participer dans les élections nationales et je suis très reconnaissant au parti pour la confiance de m’avoir choisi comme l’un de leurs candidats.
Personnellement, je pense qu’il y a beaucoup de travail à faire au Luxembourg et j’aimerais contribuer à l’évolution du pays dans tous les domaines, que ce soit à renforcer les libertés individuelles, combattre la pollution administrative et lutter contre l’inflation économique et l’inflation législative.
- Justement vous êtes candidat sous les couleurs de l’ADR. Dites-nous, L’ADR hier aux dernières élections communales, demain aux législatives, analyse du score et des tendances face aux autres partis.
Il faut dire que le résultat des élections communales nous a surpris plus d’un titre. Nous sommes le seul parti à avoir engrangé des gains dans toutes les communes dans lesquelles nous nous sommes présentés, ce qui nous différencie des autres partis, même des Pirates qui pensent avoir le vent en poupe. Il faut dire que nous sommes un petit parti face au parti Chrétien, au parti Socialiste ou au parti Démocratique qui ont des décennies de tradition dans ce domaine. Mais les gens n’hésitent plus à se dire proches de l’ADR, à adhérer à notre parti et à militer pour notre parti.
Donc le score a été très encourageant, mais nous pouvons faire encore mieux. Nous avons eu la preuve que les Luxembourgeois ne sont pas très satisfaits de la politique des Verts, surtout à cause de leur idéologie aveugle et de leur culture d’interdiction. Donc plus que jamais nous pouvons dire que l’ADR répond à un vrai besoin de notre société.

- Qu’est-ce qui prédit donc un score renforcé aux prochaines élections législatives?
C’est aux électeurs d’exprimer leur choix et je ne peux évidemment pas prédire l’avenir. Mais ce que je peux dire avec certitude, c’est que nous en tant qu’ADR, nous avons d’excellents candidats dans toutes les circonscriptions. Je pense qu’il y a beaucoup de personnes qui n’ont pas encore entendu notre message.
Aussi, nous avons des solutions très concrètes contenues dans une proposition de révision de la Constitution que nous avons présentée ce 22 septembre à la presse. Cette proposition résume notre vision constitutionnelle pour le Grand Duché donc nos affirmations ne sont pas des paroles vides, il y a un travail matériel réel derrière tout ce que nous disons.
- Votre slogan de campagne M. Gawlik c’est ‘’souveraineté, liberté, tolérance”. Vous l’avez d’ailleurs fuité lors de la table ronde de Piilux ; pour vous l’ADR est avant tout un parti de liberté et de liberté de choix. ‘’souveraineté, liberté, tolérance”, Qu’est-ce à dire ?
La souveraineté concerne la Nation dont émanent les pouvoirs de l’Etat. La souveraineté implique l’indépendance politique, ce qui signifie qu’un pays a le droit de prendre ses propres décisions sans ingérence d’acteurs extérieurs. Cela implique qu’un État a le pouvoir d’établir ses propres lois et de déterminer ses propres politiques et priorités, sans se voir imposer des règles par des organisations supranationales non élues, comme p.ex. l’OMS.
La liberté concerne les libertés individuelles des citoyens. La protection des libertés individuelles est un aspect fondamental de la liberté en général. Cela inclut la liberté de parole, d’expression, de réunion, de manifestation et de choix médical. La liberté comprend le droit à la vie privée et à l’autonomie personnelle. Les individus doivent avoir le contrôle sur leurs informations personnelles, les décisions concernant leur propre corps et la capacité de s’engager dans des activités sans intrusion ou surveillance inutiles. Malheureusement, nous avons vu pendant le Covid que cela n’a pas toujours été le cas et même aujourd’hui, il y a des tendances à vouloir restreindre la liberté des citoyens.
La tolérance vise l’interaction des individus en tant que société. Une société tolérante est une société qui embrasse la diversité, respecte les droits individuels et promeut l’inclusivité. Valoriser et célébrer la diversité culturelle est un aspect clé d’une société tolérante. Encourager le dialogue interculturel, la compréhension et le respect mutuel entre les différents groupes favorise la cohésion sociale et réduit les préjugés et les stéréotypes. Les principes d’égalité, de respect et d’inclusion sont à la base d’une société tolérante. Ainsi, les sociétés peuvent créer un environnement où la diversité est célébrée, la discrimination est minimisée et tous les individus peuvent vivre dans la dignité et le respect mutuel.
C’est ce que je souhaite pour le Grand-Duché : Un État souverain avec des citoyens libres épris de l’esprit de tolérance.

- Parlons de grands sujets qui sont débattus au Luxembourg. Que pensez-vous de la politique du logement, de l’immigration, de la sécurité ?
Concernant la politique du logement, nous sommes pour une croissance équilibrée. Cela veut dire que les infrastructures (routes, hôpitaux, administrations) doivent suivre avec la croissance démographique due à l’immigration. Nous sommes un pays qui a besoin d’immigration, mais évidemment elle ne peut pas se faire de manière incontrôlée, n’importe comment et sans aucun plan. La solution réside donc dans la mesure de trouver un juste équilibre entre croissance démographique et améliorations des infrastructures et services nécessaires pour pouvoir supporter la croissance.
Concernant la sécurité, les citoyens doivent se sentir protégés contre la criminalité, sur ce point il y a énormément à faire. Nous devons donner à la police suffisamment de moyens pour qu’elle puisse remplir sa mission. Aussi il faudrait réfléchir aux caméras de surveillance. Même si les caméras n’empêchent que rarement que des infractions soient commises, elles permettent néanmoins de rechercher et d’identifier les auteurs des infractions plus facilement.
Mais en même temps, les citoyens doivent se sentir protégés également dans leurs libertés individuelles, et non pas les victimes de répressions de la part de l’Etat, comme ceci était le cas pendant le Covid.
- Dites-nous Monsieur Gawlik, au cas où vous seriez élu à la Chambre, quelles sont les premières propositions de loi que vous allez déposer à la chambre ?
J’ai beaucoup d’idées, mais certainement ça serait des propositions liées à la volonté de renforcer les libertés fondamentales. Ensuite, des propositions visant à combattre la pollution administrative. Comme je l’avais dit « Nous sommes un parti de liberté et pour la liberté de choix », donc mes premières propositions iraient certainement dans ce sens là.
- Soyez plus explicite, M. Gawlik. Qu’entendez-vous par pollution administrative ?
Nous sommes confrontés à ce qu’on appelle de la « pollution administrative », c’est-à-dire que chaque jour nous sommes inondés par un certain nombre de nouvelles lois, règles, dispositions… qui sont publiées au Journal Officiel, sans qu’on arrive vraiment à suivre toute l’évolution législative.
Ceci nous mène vers une inflation législative dans laquelle il devient de plus en plus difficile de s’y retrouver. Nous devons prévoir un mécanisme de protection contre les décisions hâtives prises au cours du processus législatif, afin de garantir une réflexion approfondie, un débat éclairé et une protection contre justement ces décisions hâtives.
Aussi, au niveau du droit pénal, nous inventons toujours de nouvelles sanctions, nous augmentons les montants des amendes, mais en fin de compte ceci ne vise souvent que les contraventions. En d’autres termes, il s’agit de donner des PV à des simples citoyens, pour n’importe quoi, parce qu’ils n’auraient pas noué leurs lacets.
- Donc quelles solutions avez-vous pour remédier à cette situation ?
Il faut simplifier et parler dans un langage simple, mais pas de manière simpliste. Le langage doit être accessible et compréhensible par tous. L’Empire Romain s’est déjà effondré à cause de sa lourdeur administrative. Donc la clé c’est de procéder à une simplification administrative, aussi savoir abolir des lois ou certaines dispositions dont le monde n’a pas besoin.
- Parlons Géopolitique, géostratégie internationale. Le Luxembourg est un pays qui a beaucoup de connections au niveau international, que ce soit dans le domaine financier, économique ou stratégique.

- Quelle est la place du Luxembourg dans la géopolitique internationale ?
Nous ne sommes pas sur une voie très optimiste. Economiquement, l’industrie des fonds passe en Irlande, et l’activité des banques diminue. Il y a d’autres places financières comme Dubaï, Singapour et Hong Kong qui favorisent nettement les possibilités d’investissement, donc ils ont un avantage et nous avons des procédures impossibles. Si quelqu’un veut venir au Luxembourg pour investir, le gouvernement semble pratiquement s’opposer par principe et trouve toujours une raison pour ne pas faciliter l’investissement. Nous avons également un problème en ce qui concerne le coût de l’énergie. Nos écoles n’ont plus le niveau nécessaire parce que là aussi nous avons été permissifs, nous avons régressé au cours des années comme en France. Alors que les concurrents, surtout asiatiques, le Japon, la Corée du Sud, l’Inde, poussent leurs gens à être parmi les meilleurs et nous autres ici, on fait le contraire, donc c’est parfaitement inquiétant. Et nous n’avons rien, nous n’avons pas de matières premières. Donc si nous ne sommes pas forts dans certains domaines innovants, rapides, bien formés, des gens bien formés qui veulent réussir, nous ne pourrons pas résister à la pression des économies des pays en voie d’émergence, ils seront les plus forts.
Nous allons y travailler quand nous seront élus. Nous avons beaucoup de propositions dans ce sens.
- Le Luxembourg et l’Afrique, quelle relation en tant que membre de l’ADR ?
Nous devrons redéfinir nos relations avec l’Afrique ; parce que c’est déjà une question d’évolution normale du temps. Rien que du point de vue démographique fin du siècle, l’Afrique comptera environ 4 milliards de personnes contre un demi-milliard d’Européens. L’Afrique est riche en matières premières, l’Europe de l’Ouest n’a pas de matières premières. Nous avons certes des avantages que nous maintiendrons, technologiques, industriels, mais nous perdrons progressivement d’importance par rapport aux voisins africains. Nous devrons donc redéfinir les intérêts respectifs et essayer de trouver un nouvel équilibre qui tienne compte de ces évolutions. Il n’y a pas d’antagonisme profond entre Africains et Européens. On devrait se compléter, non dans le paternalisme mais dans un partenariat responsable.
L’histoire politique de l’Afrique ces dernières années est marquée par la montée en puissance des courants panafricanistes. La jeunesse africaine est de plus en plus engagée à se libérer des chaînes de l’impérialisme et à redéfinir les relations avec l’occident. Cette situation entraîne la prise de pouvoir des militaires à travers les coups d’Etats. Ce sont des mutations nécessaires et obligatoires qui s’intègrent à nos idéaux : la souveraineté et la liberté des peuples. Nous devons respecter le choix des peuples sans nous ingérer. Néanmoins, nous resterons attachés aux idéaux de la démocratie et du respect des droits de l’homme suivant les conventions internationales. Pour l’ADR, la souveraineté des peuples est une valeur. Le Luxembourg pourra donc entretenir des relations de partenariat dans le respect mutuel. C’est vrai, l’Afrique a connu en l’espace de trois ans plusieurs coups d’Etat, notamment au Mali, en Guinée, au Burkina Faso, au Niger et récemment au Gabon. Nous devons aider à la stabilité politique de ces différents Etats et nouer des relations qui facilitent le développement socioéconomique et l’épanouissement des peuples. Les guerres en Somalie, au Soudan, en Ethiopie et en Erythrée, les attaques terroristes dans le sahel, la famine dans les zones arides fragilisent un continent dont les potentialités économiques, démographiques et culturelles le propulsent comme le continent de l’avenir.

- Quelle appréciation faites-vous du débat idéologique, politique et sociétal au Luxembourg ?
La société est très divisée. D’un côté il y a ce camp idéologique de Gauche, qui est très fort en Europe de l’Ouest (en Europe de l’Est il est beaucoup plus faible), et d’un autre côté il y a aussi certaines tendances de radicalisation de la Droite. Il y a des gens au Luxembourg qui ont des sentiments négatifs envers les frontaliers, alors qu’ils sont un élément positif et nécessaire de notre société, et qu’ils contribuent énormément à l’économie du pays. Il y a certains qui refusent de parler une autre langue que le luxembourgeois quand ils vont au restaurant, même si le serveur ne parle que le français ou l’anglais. Donc ça mène parfois à des situations très pénibles.
Il faut donc faire à ces gens un rappel à la raison, leur expliquer que souvent les craintes qu’on a, naissent de l’inconnu. Il faut être ouvert d’esprit et au final, souvent les situations s’avèrent moins dramatiques qu’on ne le pensait au départ.
Je dirai donc à tous de dégonfler le discours. Et je pense qu’il faut rappeler chacun à la responsabilité de peser les mots avant de s’avancer avec des théories poussées, et ça concerne toutes les idéologies politiques, celles de l’extrême gauche comme celle de l’extrême droite.
14 – Donc êtes-vous plutôt quelqu’un qui se positionne avec le courant ou êtes-vous plutôt le rebelle à contre-courant ?
Je suis hors circuit. Donc plutôt… au-dessus du courant.
15 – Quelle sont vos attentes pour les élections ?
Dans mon esprit optimiste, je suis toujours persuadé qu’on obtiendra 31 sièges, donc la majorité absolue. Mais sincèrement, ce n’est pas à moi de décider, donc je n’ai pas d’attentes en particulier.
C’est les électeurs qui décident, et il faudra toujours respecter leur décision, peu importe qu’elle soit. Je suis convaincu que les électeurs voteront de manière intelligente et j’ai pleine confiance dans leur choix.
Au final, j’ai Jésus dans mon cœur, donc quoi qu’il arrive, je veux être une bonne personne envers les autres et envers moi-même. Et c’est ça qui m’importe le plus.
Monsieur David Gawlik, Merci.
C’est moi qui vous remercie.
Interview réalisée par Carlos Komlanvi KETOHOU.