@pmonews 22/01/2024
(Luxembourg) Une semaine après la tenue du forum mondial de Davos en Suisse auquel a participé Luc Frieden, Premier ministre du Luxembourg, une ‘’conférence-riposte’’ a dénoncé samedi dernier au Luxembourg, les travaux et appelé à la mobilisation pour rétablir l’ordre mondial.
Il s’agit d’une conférence autour du livre ‘’La Pieuvre de Davos’’ dont l’auteur, Miryam Muhm, a partagé ses perspectives sur la critique du Forum Mondial de Davos. L’intervention de Muhm a débuté par une analyse de l’impact des décisions prises à Davos sur la justice sociale et la répartition des ressources mondiales. Elle a souligné comment ces discussions influencent les politiques nationales et internationales, parfois au détriment des populations les plus vulnérables. Au cours de cette conférence, Muhm a analysé de manière approfondie les aspects controversés et les implications socio-économiques du forum annuel, mettant en lumière des angles souvent négligés. Enonçant le thème de cette année, ‘’rétablir la confiance, l’auteure du livre a fustigé la tendance des grands Etats à former des gouvernements pour faire prospérer le forum mondial. Selon elle ‘’les 5 les plus riches du monde ont doublé leurs fortunes’’ Elle pense que les entreprises les plus riches ont doublé leurs fortunes dans le spectre d’une guerre contre les salaires autour de la domination du monde par trois cartels, la pharmacie, les armes et les finances.
La conférencière a également abordé la question de la transparence et de la démocratie au sein du Forum Mondial de Davos. Miryam Muhm a mis en évidence la prédominance de certaines voix au détriment d’autres, remettant en question la représentativité réelle des discussions et les potentiels conflits d’intérêts.
Un autre point crucial soulevé par Muhm était la nécessité d’adopter une approche plus inclusive dans la résolution des défis mondiaux. Elle a encouragé une diversification des perspectives et des acteurs impliqués, plaidant pour une meilleure représentation des pays en développement et des communautés marginalisées dans les débats. La question cruciale posée par l’oratrice était de savoir pourquoi les accords de Davos consistent à rendre plus riches ceux qui sont déjà riches et plus pauvres les pauvres ? A cette question elle a évoqué la volonté manifeste de saper l’Etat, d’entretenir la corruption, de s’accaparer de l’argent et des impôts des contribuables et aussi des cerveaux des hommes. En perpétuant ainsi un système financier mondial inéquitable, Muhm conclu que le forum perd du pouvoir.
Plusieurs thématiques ont été abordés lors de la conférence. L’obligation de la vaccination au COVID-19 qui est jugée comme une privation de liberté, la contestation même de l’apparition et de la gestion de la pandémie ainsi que l’opacité dans les commandes des vaccins chez des firmes pharmaceutiques, laissent croire que l’ordre mondial est nettement influencé par les oligarques réunis au sommet de Davos. Elle a confié aux participants la menace d’une nouvelle pandémie qui guette le monde, selon une déclaration de Bill Gates et dénoncé le transfert de l’argent public vers d’autres mondes.
Le thème du contrôle de l’information a été aussi débattu lors de la conférence. Pour elle la désinformation entretenue est une autre pratique des ‘’grands du monde’’ qui orientent les médias sur les sujets qui les défendent et les protègent. La responsabilité des médias dans les guerres, notamment en Ukraine et dans la bande de Gaza a été citée ainsi que le traitement très réservé de la manifestation des agriculteurs en France prouvent à suffisance que les médias ne jouent pas leurs rôles. ‘’Il faut protéger les institutions de la désinformation…’’ a-t-elle lancé.
Autre question débattue est celle de la monnaie numérique. Muhm nourrit de fortes inquiétudes quant à la confidentialité, à la sécurité et aux implications sur la souveraineté financière des nations. Les projets de la suppression de l’argent liquide au détriment de la monnaie digitale pourraient accroître les risques liés à la surveillance et au contrôle financier.
L’intelligence artificielle a été aussi épinglée lors de la conférence. C’est selon Muhm, un outil autre outil de domination des oligarques. Pour elle, il y a des risques éthiques liés à l’intelligence artificielle (IA) discutée à Davos. L’impact potentiel sur l’emploi, la vie privée et la concentration du pouvoir entre les mains de quelques grandes entreprises technologiques est à craindre.

En somme, les critiques de Miryam Muhm du Forum Mondial de Davos émanent de préoccupations liées à l’équité, à la transparence et à la représentation, remettant en question le rôle et l’influence de cette plateforme sur des enjeux mondiaux majeurs.
En définitive, Miryam Muhm a dénoncé dans son livre comment le Forum Economique Mondial et son président Klaus Schwab s’efforcent depuis des décennies de remodeler complètement l’ordre économique, politique et social mondial. Elle a expliqué ce qui se cache réellement derrière les projets du Forum Economique Mondial: accroître le pouvoir et l’influence d’une élite économique mondiale sur notre société.
La conférence a suscité des réflexions profondes parmi les participants, soulignant l’importance d’une évaluation critique des forums internationaux tels que Davos. Miryam Muhm a conclu en appelant à une réforme substantielle et à une responsabilisation accrue pour garantir que de tels événements contribuent réellement à la résolution des problèmes mondiaux. C’est pourquoi, même si elle se sent résignée comme la majorité des peuples dominée par les gouvernants du monde, ‘’il est temps d’agir.’’ L’influence du Forum est déjà bien avancée, mais il n’est pas encore trop tard pour échapper aux tentacules de la pieuvre de Davos, selon elle.
Cette conférence au Luxembourg a ainsi offert une occasion unique aux participants de mieux comprendre les enjeux entourant le Forum Mondial de Davos et de réfléchir à la manière dont ces discussions influent sur le cours de notre monde interconnecté.
Une table ronde a réuni autour de l’auteur de ‘’Die Krake von Davos’’ plusieurs personnalités du monde politique, syndical et académique Luxembourgeois pour dénoncer un ordre mondial inéquitable, avec le détournement des impôts des citoyens, la manipulation de l’information, la privation des libertés, le contrôle de la vie privée et la domination du monde par les plus riches.
Il s’agit de Jean Huss, Armand Clesse, Jacques Steiwer et Nico Wennemacher.
La conférence a été organisée par le Collectif Fräi Liewen et Vigilance Citoyenne ASBL.
Miryam Muhm travaille comme journaliste indépendante et se spécialise dans les sujets médicaux et scientifiques. Elle a écrit pour divers médias, dont le Süddeutsche Zeitung et La Repubblica. Elle vit à Munich et en Italie, est également réalisateur de documentaires indépendant pour la télévision italienne RAI TV et a travaillé pour la télévision suisse.
Carlos KETOHOU